CPF co-construit : un levier stratégique pour les entreprises
Le 25 juin 2025, la Caisse des Dépôts a réuni avec le ministère du Travail une quarantaine de représentants d’entreprises à l’occasion d’une table ronde intitulée "Le CPF : d’un dispositif individuel à une stratégie collective”. Cet événement a permis de répondre aux questions essentielles : comment et pourquoi co-financer les parcours de formation des salariés ?
L’objectif était de dresser un état des lieux des usages du CPF co-construit et d’identifier les leviers d’activation à l’heure où un nouveau cadre réglementaire et des outils numériques renforcés facilitent son déploiement.
Le CPF, un outil de co-construction des parcours de formation
Une dynamique d’adhésion forte
Cette matinée riche en échanges a été l’occasion de présenter les résultats d’un sondage publié et mené par CPFormation. Un constat clair s’est dégagé : 84 % des répondants (dirigeants et responsables RH et professionnels de la formation) se disent favorables à plus de parcours de formation co-construits entre les employeurs et les employés. Et 63 % ont déjà commencé à cofinancer les projets de formation de leurs collaborateurs. Cet usage du CPF devient de plus en plus plébiscité par les entreprises, afin qu’il devienne pour eux un outil stratégique de développement des compétences, à la croisée des besoins des salariés et des ambitions RH des entreprises.
Comme l’a souligné Cécile Bertrand, cheffe du Pôle CPF à la DGEFP :
"Le CPF reste un droit individuel, mais il peut s’inscrire dans une logique de dialogue social. Le nouveau décret apporte les garanties nécessaires au développement du cofinancement co-construit."
Un cadre simplifié et sécurisé
Afin de soutenir cette dynamique, le décret du 14 avril 2025 relatif aux modalités d'alimentation supplémentaire du compte personnel de formation a posé les bases d’un usage sécurisé et pilotable :
Fléchage obligatoire des abondements vers une certification ;
Introduction d’une date limite d’utilisation du cofinancement pour plus de clarté ;
Sécurisation juridique des démarches engagées
En parallèle, la plateforme EDEF évolue pour mieux accompagner les financeurs à la mise en œuvre concrète de la co-construction. Elle propose désormais un espace financeur encore plus ergonomique, une traçabilité complète des abondements ainsi qu’un suivi simplifié des remboursements en cas de formation non réalisée.
Des exemples d’engagements concrets
L’événement a aussi été l’occasion de mettre en lumière des pratiques inspirantes d’entreprises.
Schneider Electric a présenté un dispositif progressif articulant plusieurs niveaux de soutien : un co-financement sur des formations clés dans le domaine du digital, de l’efficacité professionnelle. L’entreprise intègre son plan de développement des compétences, avec un catalogue de formation structuré et accessible sur le temps de travail.
L’Oréal, de son côté, mise sur une approche systémique de la co-construction. L’entreprise s’implique activement dans la sélection des prestataires, tout en assurant un soutien logistique aux salariés souhaitant mobiliser leurs droits CPF. Une communication interne constante complète cette stratégie, visant à renforcer l'appropriation des droits et à ancrer l'utilisation du CPF dans une vision partagée de la montée en compétences.
Ces témoignages montrent qu’un CPF co-construit peut s’inscrire durablement dans une stratégie d’entreprise, au croisement des aspirations individuelles et des enjeux collectifs. En contribuant à structurer les parcours et à renforcer l’employabilité, il devient un pilier essentiel du développement des compétences et de la performance.